Les bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) sont moins fréquemment pauvres que ceux touchant le RSA

Études et Résultats

N° 1368

Paru le 24/02/2026

Inès Ramahandry, Nicolas Paliod
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude qui dresse un portrait des ménages bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) et analyse leurs ressources en les comparant avec celles des ménages bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) ou comptant au moins un bénéficiaire de l’aide au retour à l’emploi (ARE).

En 2021, en France métropolitaine, près de 440 000 personnes ont perçu l’ASS au moins un mois dans l’année. Au total, 1 million de personnes vivent dans un ménage avec au moins un bénéficiaire de l’ASS. Ces bénéficiaires sont en moyenne plus âgés que les bénéficiaires de l’ARE en raison des conditions d’éligibilité ; ils sont aussi plus souvent handicapés et vivent plus fréquemment dans des ménages sans enfant. Ils sont également plus éloignés du marché du travail. Près de la moitié des personnes appartenant à des ménages bénéficiaires de l’ASS sont pauvres monétairement, contre environ deux tiers de celles qui vivent dans des ménages au RSA et un cinquième de celles qui vivent dans des ménages bénéficiaires de l’ARE. Les ménages bénéficiaires de l’ASS perçoivent des prestations sociales non-contributives, c’est-à-dire versées sans condition de cotisation préalable, presque aussi souvent que ceux touchant le RSA, mais celles-ci représentent une part moindre de leurs revenus après impôts. Ces aides sociales (y compris ASS) représentent en moyenne 49 % du revenu disponible des ménages bénéficiant de l’ASS, contre 64 % du revenu disponible des ménages au RSA.

 

En 2021, plus d’un bénéficiaire de l’ASS sur deux est âgé d’au moins 50 ans et plus d’un sur quatre déclare une reconnaissance administrative de handicap

La part des 50-64 ans parmi les bénéficiaires de l’ASS (50 %) est nettement plus élevée que parmi les bénéficiaires de l’ARE (23 %) ou l’ensemble de la population (25 %). Les moins de 30 ans sont très peu nombreux (2 %), car l’ouverture des droits à l’ASS se fait en fin de parcours d’indemnisation chômage, après des carrières avec une certaine ancienneté. Par ailleurs plus d’un quart d’entre eux ont une reconnaissance administrative de handicap contre 7 % des bénéficiaires de l’ARE et 8 % de l’ensemble de la population. Du fait de ressources moindres, les ménages bénéficiaires de l’ASS vivent plus souvent dans des HLM (37 %) que les ménages bénéficiaires de l’ARE (18 %). Leur âge plus avancé leur permet toutefois d’être tout aussi régulièrement propriétaire de leur résidence principale sans prêt résiduel à rembourser que les ménages bénéficiaires de l’ARE, à hauteur de 20 %.

La moitié des personnes des ménages bénéficiaires de l’ASS figurent parmi les 20 % les plus pauvres de la population

En 2021, le niveau de vie mensuel médian des personnes dans un ménage ayant perçu de l’ASS est de 1 200 euros, soit 250 euros de plus que pour celles des ménages bénéficiaires du RSA (950 euros). C’est nettement inférieur aux personnes vivant dans des ménages percevant l’ARE qui ont, quant à elles, un niveau de vie men-suel médian bien plus proche (1 700 euros) de l’ensemble de la population (1 930 euros). Ainsi, les bénéficiaires de l’ASS sont-ils bien plus modestes que les bénéficiaires de l’ARE. Plus de la moitié des personnes des ménages bénéficiant de l’ASS (59 %) figurent parmi les 20 % des personnes les plus pauvres dans la population, contre les trois-quarts de celles des ménages au RSA (76 %), et à peine un quart pour celles des ménages à l’ARE (26 %, graphique) (graphique).

Les ménages bénéficiaires de l’ASS perçoivent fréquemment des prestations sociales non-contributives (les aides au logement, les prestations familiales, la prime d’activité, les allocations aux adultes handicapés et de solidarité aux personnes âgées, l’ASS et le RSA) : elles représentent en moyenne 49 % de leur revenu disponible. Cette part est plus élevée pour les ménages bénéficiaires du RSA (64 %) mais beaucoup plus faible pour les ménages percevant l’ARE (12 %).

 

Graphique - Répartition des personnes selon l’allocation du ménage par dixième de niveau de vie, en 2021

Lecture > 39 % des personnes appartenant à des ménages bénéficiaires de l’ASS appartiennent au premier dixième de niveau de vie (D1).
Champ > France métropolitaine, personnes dans des ménages vivant en logement ordinaire, dont la personne de référence n’est pas étudiante et dont les
revenus déclarés à l’administration fiscale sont positifs ou nuls.
Sources > Enquête sur les revenus fiscaux et sociaux (ERFS) 2021, Insee ; Dispositif de ressources mensuelles (DRM) 2021, Cnav ; appariements Insee ; redressements statistiques et calculs Drees.

Sources, outils & enquêtes