Jusqu’en 2008, le calcul de la mortalité périnatale reposait sur les données de l’état civil. Les modalités d’enregistrement à l’état civil ayant changé depuis, ce calcul repose, depuis 2014, sur les données hospitalières. Les estimations de la mortinatalité et de la mortalité néonatale précoce utilisent donc ici uniquement les données hospitalières, dans un souci de cohérence des sources.
La mortalité périnatale concerne un peu plus d’une naissance sur 100
En 2024, en France, 7 398 enfants sont nés sans vie ou nés vivants et décédés dans leur première semaine de vie, pour 661 822 naissances totales. Le taux de mortalité périnatale (nombre d’enfants nés sans vie ou décédés au cours des 7 premiers jours de vie rapporté à l’ensemble des naissances à partir de 22 semaines d’aménorrhée) s’élève à 11,2 pour 1 000 naissances totales (11,2 ‰), d’après les données hospitalières. Il augmente depuis 2021, et plus particulièrement en 2024, après avoir fluctué entre 2014 et 2021 autour de 10,5 ‰.
La mortalité périnatale est très dépendante de l’âge gestationnel, du type de grossesse (grossesse unique ou multiple) et de l’âge de la mère. Ces facteurs de risque et leurs évolutions n’expliquent toutefois que partiellement l’augmentation de la mortalité périnatale depuis 2014. Elle varie aussi selon la région de résidence et les conditions socio-économiques.
82 % de la mortalité périnatale est due à la mortinatalité en 2024
Le taux de mortinatalité (enfants nés sans vie par mort fœtale spontanée ou par interruption médicale de grossesse) est de 9,2 pour 1 000 naissances totales en 2024. C’est la principale composante de la mortalité périnatale, puisqu’il en représente 82 %. Par ailleurs, l’augmentation récente de la mortalité périnatale est principalement due à celle de la mortinatalité. L’autre composante de la mortalité périnatale est la mortalité néonatale précoce (enfants nés vivants et décédés dans les 7 premiers jours de vie) ; elle s’élève à 2,0 pour 1 000 naissances totales en 2024.
La mortalité périnatale est plus élevée en cas de prématurité ou de naissances multiples
84 % des morts périnatales sont issues d’un accouchement prématuré (avant 37 semaines d’aménorrhée). La prématurité entraîne un risque de mort périnatale 63 fois plus important (125,7 ‰) que parmi les naissances à terme (2,0 ‰).
La mortalité périnatale touche 36,7 naissances pour 1 000 naissances multiples, souvent source d’accouchements prématurés et de complications spécifiques, et 9,7 pour 1 000 naissances uniques, soit un risque 3,8 fois plus important quand il s’agit d’une naissance multiple (jumeaux, triplés ou plus).
La mortalité périnatale est plus élevée parmi les femmes de moins de 20 ans ou de 40 ans et plus
Le taux de mortalité périnatale est aussi plus élevé lorsque la mère est âgée de moins de 20 ans (18,1 ‰) ou de 40 ans ou plus (17,6 ‰) que lorsqu’elle a entre 30 et 34 ans (9,9 ‰). Chez les mères les plus âgées, les complications de la grossesse sont plus fréquentes, avec des pathologies préexistantes plus fréquentes, un risque plus élevé d’anomalies fœtales et davantage de grossesses multiples. Chez les femmes de moins de 20 ans, les conditions socio-économiques plus précaires ou un moins bon suivi de la grossesse peuvent expliquer le surrisque observé.
La mortalité périnatale est plus élevée dans les communes défavorisées
Le taux de mortalité périnatale est de 12,0 ‰ dans les communes qui rassemblent le cinquième de la population la plus défavorisée, contre 9,5 ‰ dans les communes rassemblant les populations les moins défavorisées.
Graphique : Évolution de la mortalité périnatale depuis 1990 (pour 1000 naissances totales)
p : données provisoires
Notes > Le recul du seuil de l’âge gestationnel de 28 à 22 SA pour l’enregistrement des enfants mort-nés explique la forte augmentation du taux de mortalité périnatale entre 2001 et 2002. De 2008 à 2011, les chiffres ne sont pas disponibles du fait du changement de définitions pour l’enregistrement de la mortinatalité par l’état civil en France. Le PMSI est utilisé comme source à partir de 2012. Les années 2012 et 2013 sont les années de montée en charge de cette nouvelle source.
Lecture > En 2024, le taux de mortalité périnatale est de 10,8 pour 1 000 naissances en France métropolitaine, et de 17,6 dans l’ensemble des départements et régions d’outre-mer (DROM).
Champ > France.
Sources > Insee, statistiques d’état civil de 1990 à 2007 ; SNDS, base mère-enfant corrigée Inserm-Drees (calculs Drees) de 2014 à 2024
Le taux de mortalité périnatale est 2,3 fois plus élevé en Guadeloupe qu’en Auvergne-Rhône-Alpes
Au niveau géographique, la mortalité périnatale varie avec un taux allant de 9,3 ‰ en Auvergne-Rhône-Alpes jusqu’à 21,0 ‰ en Guadeloupe, soit un rapport de 1 à 2,3 entre les régions. Les taux les plus élevés s’observent dans les départements et régions d’outre-mer (DROM), où le taux moyen est supérieur de 60 % à celui de la France métropolitaine.
En 2019, dernière année disponible en comparaison européenne, la France se classait au 16e rang sur 28 pays pour la mortinatalité périnatale calculée à partir de 24 semaines d’aménorrhée hors interruptions médicales de grossesse (indicateur recommandé par le réseau d’experts Europeristat pour les comparaisons internationales).
La publication est complétée par un jeu de données disponibles en ligne Indicateurs de santé périnatale — DATA.DREES, avec des indicateurs régionaux sur la période allant de 2014 à 2024, portant sur la mortalité périnatale et sa décomposition en mortinatalité et mortalité néonatale précoce. De plus, d’autres indicateurs de santé périnatale sur l’âge gestationnel au moment de la naissance, l’âge des mères, le poids de naissance ou les naissances multiples sont également disponibles.