Dépense de santé en Europe : une forte hausse en 2020 sous l’effet de la pandémie de Covid-19

Solal Chardon-Boucaud (DREES)

Études et résultats

N° 1238

Paru le 21/07/2022 Màj le 19/08/2022
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie une étude comparative sur l’évolution de la dépense de santé en Europe en 2020. Cette étude met en perspective les augmentations observées dans les principaux États européens. Elle analyse tout particulièrement les déterminants à l’œuvre en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. Cette étude exploite les chiffres internationaux relatifs à la dépense de santé 2020, publiés par l’OCDE début juillet 2022.


En 2020, les dépenses de santé ont fortement augmenté en Europe
Sous l’effet de la pandémie de Covid-19, les dépenses de santé ont fortement augmenté en Europe : +15,7 % au Royaume-Uni, +6,3 % en Allemagne et +3,9 % en France. Le Royaume-Uni consacre à la santé 500 euros par habitant (en parité de pouvoir d’achat) et 2,1 points de PIB de plus qu’en 2019, une hausse nettement plus marquée qu’en Allemagne (+ 300 euros, +1,1 point de PIB) et qu’en France (+ 150 euros, +1,1 point de PIB).

La hausse des dépenses de santé s’explique par les coûts liés à l’épidémie
En France, au Royaume-Uni et en Allemagne, la croissance des dépenses de santé s’explique essentiellement par les coûts liés à l’épidémie, notamment l’achat de masques, les tests de dépistage et les primes aux soignants.
Au Royaume-Uni, la hausse spectaculaire des dépenses de santé provient en particulier des coûts très élevés d’acquisition des masques et des équipements de protection individuelle (qui ont été achetés en trop grande quantité et au-dessus des prix du marché) ainsi qu’à la mise en place du système de dépistage et de suivi des malades britannique, le « Test and Trace System ». A contrario, le Royaume-Uni a versé des primes moins élevées que l’Allemagne et la France à ses soignants ou personnels de maisons de retraite (0,7 milliard au Royaume-Uni, contre 1 milliard en Allemagne et 2,4 milliards en France).

Les dépenses de santé ont été freinées par la déprogrammation d’opérations non urgentes et la baisse d’activité des soins de ville lors des périodes de confinement
Les professionnels de santé et les structures hospitalières ont été indemnisés financièrement pour ces pertes d’activité. Les coûts de ces compensations ont été plus élevés en Allemagne qu’en France, où l’enveloppe totale atteint 4,7 milliards d’euros. En effet, en Allemagne, parallèlement au « bouclier de protection » mis en place pour indemniser les médecins libéraux et dont le montant total n’est pas encore connu, 10,2 milliards d’euros ont été dépensés pour compenser les pertes de revenus des seuls hôpitaux et cliniques.

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