Cette étude s’appuie sur l’enquête de l’Insee Statistiques sur les Ressources et les Conditions de vie (SRCV). En 2023, 20 000 ménages ont été interrogés sur leur situation financière, leur bien-être et leur couverture par une complémentaire santé.
7 % des personnes vivant sous le seuil de pauvreté ne sont pas couvertes par une complémentaire santé en 2023
En 2023, l’absence de couverture par une complémentaire santé concerne 3,4 % de la population en France hors Mayotte. Si cette part s’est considérablement réduite depuis 25 ans, elle est relativement stable voire en légère baisse, depuis 2010 et demeure toujours plus élevée chez les plus modestes : 7 % des personnes vivant sous le seuil de pauvreté ne sont pas couvertes en 2023 (graphique).
Graphique - Part de la population sans couverture complémentaire, de 1996 à 2023
Lecture > En 2023, 3,4% de la population française hors Mayotte n'est pas couverte par une complémentaire santé.
Champ > France hors Mayotte, personnes vivant en logement ordinaire.
Source > Pierre (2022) ; Irdes, ESPS ; Insee, SRCV ; Drees, EHIS.
Une non-couverture en légère baisse depuis 2010
Dans les années 2000, la mise en place de dispositifs publics à destination des plus modestes (CMU-C et ACS, aujourd’hui remplacés par la complémentaire santé solidaire) augmente la couverture de la population par une complémentaire santé. La généralisation en 2016 de la complémentaire santé d’entreprise contribue, dans une moindre mesure, à l’extension de la couverture, et réduit les inégalités au sein des salariés du secteur privé. L’extension de ce dispositif aux salariés de la fonction publique à partir du 1er janvier 2025 pourrait permettre une nouvelle baisse de la non-couverture ; la baisse devrait cependant être faible car les agents publics disposaient déjà très majoritairement d’une couverture avant l’extension du dispositif.
Une non-couverture qui s’explique souvent par des raisons financières
L’absence de couverture s’explique d’abord par des raisons financières : une personne non-couverte sur trois déclare ainsi ne pas avoir les moyens de souscrire à une complémentaire santé. Par ailleurs, 15 % des personnes non-couvertes déclarent ne pas en avoir besoin, 12 % être en cours d’adhésion, et 10 % ne pas penser ou avoir le temps de souscrire à une complémentaire santé.
Une absence de couverture plus fréquente chez les ménages modestes et les chômeurs
7 % des personnes vivant sous le seuil de pauvreté ne sont pas couvertes par une complémentaire santé, malgré l’existence de la complémentaire santé solidaire (C2S) en faveur des plus modestes. Les chômeurs et les étrangers présentent des taux de non-couverture élevés, proches de 10 %. C’est aussi le cas, dans une moindre mesure, des ménages monoparentaux (5 %). Parmi les personnes vivant seules, les hommes sont plus souvent non-couverts que les femmes (6 % contre 2 %) alors qu’ils sont pourtant plus aisés. Concernant les personnes reconnues en affection de longue durée (ALD), celles-ci ne renoncent pas davantage à la complémentaire que les autres, malgré un meilleur remboursement par l’assurance maladie obligatoire des dépenses liées à leur maladie.
Un mode de souscription à la complémentaire santé qui varie en fonction du statut socioprofessionnel
Lorsqu’elles sont couvertes, les personnes bénéficient de contrats très différents selon leur situation professionnelle. En 2023, 44 % de la population est couverte par un contrat d’entreprise ou de la fonction publique (74 % parmi les salariés), 42 % par un contrat individuel (91 % parmi les retraités), 11 % par la C2S (40 % parmi les chômeurs).
Des souscripteurs moins satisfaits en Île-de-France
Parmi les souscripteurs, la satisfaction vis-à-vis des remboursements des complémentaires santé varie fortement d’un type de contrat à l’autre. Les souscripteurs de la C2S sont les plus satisfaits, tandis que les souscripteurs d’une complémentaire individuelle sont les moins satisfaits. De fait, la C2S protège ses bénéficiaires des restes à charge, notamment via l’exonération des dépassements d’honoraires, tandis que les contrats d’entreprise présentent en moyenne de meilleures garanties que les contrats individuels. La satisfaction vis-à-vis des remboursements varie aussi selon la région de résidence. Elle est généralement plus faible en Île-de-France, ce qui pourrait s’expliquer en partie par des pratiques de dépassements plus fréquentes dans cette région.
Pour en savoir plus
• Fouquet, M. (2020, octobre). Une hausse modérée de la couverture de la population après la généralisation de la complémentaire santé d’entreprise. Drees, Études et résultats, 1166.
• Lapinte, A., Pollak, C., Solotareff, R. (dir.) (2024, juillet). La complémentaire santé : acteurs, bénéficiaires, garanties – Édition 2024. Paris, France : Drees, coll. Panoramas de la Drees-Santé.